21 décembre 2025
L’image de Tours se confond souvent avec ses maisons à pans de bois, ses guinguettes rive sud ou ses bords de Loire classés à l’UNESCO. Pourtant, la ville cache, sous ses airs modernes et son quadrillage haussmannien, des couches entières de passé. Gallo-romaine avant d’être médiévale, ville des moines puis cité commerçante, Tours n’a pas oublié ses origines. Mais il faut parfois les deviner, savoir où regarder – car la vie moderne, les guerres et les urbanisations successives ont souvent effacé ou masqué les plus vieux témoins de la ville.
Heureusement, il subsiste des morceaux, parfois minuscules mais éloquents, qui racontent vingt siècles d’histoire. Cet article propose une exploration vivante et argumentée des traces gallo-romaines et médiévales encore visibles dans la ville, pour ceux qui aiment plisser les yeux, gratter sous la surface, et ressentir la présence des Anciens. Carte des sites, anecdotes qui font lever les sourcils, conseils pratiques pour explorer… Préparez-vous à musarder, carnet en main, dans un Tours inattendu.
Tours ne s’est pas toujours appelée Tours. Vers la fin du Ier siècle, les Romains fondent Caesarodunum (“colline de César”) sur la rive droite de la Loire. C’est une cité prospère, dotée de thermes, de temples, d’un vaste amphithéâtre et de luxueuses villas ornées de mosaïques. Mais la ville antique fut longtemps ignorée, car enfouie sous la trame médiévale et moderne.
Au IVe siècle, Tours devient un foyer du christianisme avec saint Martin. Sous la cathédrale actuelle reposent, à des mètres sous terre, d’anciennes tombes paléochrétiennes, difficiles d’accès – mais des fragments sont visibles lors des visites guidées de la crypte archéologique sous la cathédrale. Ambiance unique, pierres séculaires, et frissons garantis.
Le Moyen Âge a ceinturé Tours d’une double muraille (une “grosse tour” chaque 40 m selon les chroniques). Peu subsistent à ciel ouvert, mais les passionnés aiment :
À noter aussi : sous de nombreux immeubles anciens du Vieux Tours, d’impressionnantes salles basses ou “caves médiévales” voûtées sont régulièrement accessibles lors de parcours touristiques thématiques.
Avancer sous la nef de la cathédrale, c’est traverser sept siècles en quelques pas ! Fondée à l’emplacement d’une basilique du IVe siècle, la cathédrale actuelle mêle gothique rayonnant (XIIIe siècle), flamboyant (XVe), Renaissance (pour ses somptueux vitraux) et vestiges romans (dans la crypte et certaines bases de murs). Ici et là, des chapiteaux racontent l’histoire de l’art médiéval local.
Dans la rue du Change, de la Rôtisserie, ou du Grand Marché, les noms des rues témoignent encore des corporations médiévales : changeurs, bouchers, tisserands. Ici, l’histoire saute aux yeux et se mêle encore aux petites boutiques d’aujourd’hui – comme si le Moyen Âge n’avait jamais quitté ces pavés.
Tours offre un fascinant puzzle historique, où chaque fragment gallo-romain ou vestige médiéval alimente le plaisir de la découverte. Qu’on soit amateur de panoramas ou explorateur de recoins minuscules, la ville révèle mille détails à qui sait regarder. Beaucoup de ces témoins sont fragiles, parfois menacés, parfois oubliés, mais tous invitent à porter un œil neuf sur ce que l’on croyait connaître. Déambuler entre les murs, c’est ailleurs que de marcher sur les traces de deux mille ans d’aventure humaine – et de comprendre pourquoi Tours s’est mérité le titre d’“inattendue destination”.