20 mai 2026
À l’heure où les villes cherchent leur équilibre entre urbanisation et nature, Tours affiche un atout de taille avec le parc de la Gloriette. Fréquemment qualifié de “poumon vert” de la ville, la Gloriette ne vole pas son titre, et pas question ici de figure de style !
Située entre le périphérique sud et le fleuve Cher, à deux pas du cœur de ville, la Gloriette n’est pas simplement un grand parc urbain : c’est un véritable écosystème, pensé comme un tout, et devenu aujourd’hui indissociable de la qualité de vie tourangelle.
À la fin des années 1980, le site de la Gloriette n’avait rien d’idyllique : ancienne friche des eaux de la Ville, zone délaissée colonisée par la végétation spontanée, il symbolisait davantage l’oubli que le renouveau. Pourtant, la municipalité et les acteurs locaux y voient le potentiel d’un espace tampon entre la ville et la campagne, et un instrument clé pour améliorer le bien-être des Tourangeaux.
La Gloriette n’est pas simplement une aire de pique-nique XXL, c’est aussi (et surtout !) un sanctuaire pour la faune et la flore locale.
| Éléments de biodiversité | Détails et données |
|---|---|
| Plus de 120 espèces d’oiseaux recensées | Dont le pic-vert, la bergeronnette grise, et le milan noir – observable au printemps (LPO Touraine). |
| 170 espèces végétales identifiées | Des zones dédiées à la prairie fleurie, aux saulaies et au potager urbain. |
| Une zone humide restaurée | Offre un espace de reproduction à de nombreux amphibiens et libellules. |
Une anecdote qui en dit long : la Gloriette a longtemps été un site d’hivernage pour les chauves-souris, alors que celles-ci se raréfient partout en Europe. Les biologistes locaux suivent chaque année leur présence grâce à des dispositifs installés discrètement dans les arbres.
Le parc de la Gloriette, ce n’est pas un jardin figé dans ses pelouses bien tondues : c’est aussi un terrain d’expériences, de pédagogie et d’innovation qui rayonne bien au-delà de la ville.
Chaque année, plus de 2 000 enfants des écoles de Tours et de la Métropole participent à des ateliers, sorties ou classes vertes sur le site : fabrication de nichoirs, identification des traces d’animaux, découverte des cycles de l’eau, etc.
L’association “Au’Tour du potager”, partenaire historique du parc, organise des événements familiaux pour apprendre à semer, planter, cultiver autrement.
Impossible d’évoquer la Gloriette sans parler de son rôle social et festif ! Ici, on croise le joggeur matinal, les familles en balade, les enfants chapeautés en ateliers, les pique-niqueurs, mais aussi les musiciens ou les astronomes venus profiter du ciel dégagé.
La Gloriette, c’est aussi la scène de nombreux événements annuels : “La Fête de l’Environnement”, “Les Rencontres Gourmandes”, concerts en plein air, spectacle de cirque… Le parc devient ainsi tour à tour classe, salle de spectacle, salle de sport, jardin expérimental !
Le rôle de la Gloriette dépasse largement la détente dominicale. La ville de Tours est en zone urbaine dense, exposée aux ilots de chaleur en été et à la montée du niveau du Cher. Le parc agit ici comme un climatiseur vert à grande échelle :
Ce n’est pas un hasard si la Gloriette figure au cœur du Plan Climat Air Énergie Territorial de Tours Métropole et inspire d’autres agglomérations pour leur politique de trames vertes et bleues.
Le meilleur baromètre du succès ? Les voix de celles et ceux qui font vivre la Gloriette au quotidien. Paroles de jardiniers, promeneurs, associations :
Professionnels du tourisme, artisans du goût et historiens se retrouvent régulièrement à la Gloriette, où ils organisent balades contées, ateliers culinaires ou initiations à la botanique. Entre transmission, convivialité et écologie, le parc tisse patiemment des liens essentiels.
Face à l’urbanisation et aux enjeux climatiques, la Gloriette prend chaque année davantage d’importance. De nouveaux projets émergent régulièrement : potagers solidaires, nouvelles zones de régénération pour la faune, expériences innovantes avec des écoles et chercheurs en biodiversité.
La Gloriette n’est jamais figée. C’est un espace de liberté, d’expérimentations, un territoire à rêver et à partager, témoin vivant d’une ville qui tient à son souffle vert.
Pour les Tourangeaux, visiteurs ou citoyens du quotidien, la Gloriette est devenue bien plus qu’un simple parc : c’est un miroir de nos envies d’avenir, de notre besoin de nature, de transmission et d’expériences. Ce “poumon vert”, à la fois naturel, festif et laboratoire, incarne la Twers inattendue et foisonnante que l’on aime surprendre… à ciel ouvert.
---Sources : Ville de Tours, Tours Métropole, LPO Touraine, InfoSkate, Cerema, “Au’Tour du Potager”, Parc de la Gloriette