8 juin 2026
Si Paul Bert n’affiche pas les vastes pelouses du jardin des Prébendes ou de la Gloriette, il se démarque par ses espaces à taille humaine, éclipsés par les circuits touristiques classiques. L’Observatoire des Espaces Verts Tourangeaux (OEVT, 2023) dénombre ainsi plus de neuf micro-parcs accessibles au public dans le quartier, là où les guides signalent en général à peine deux ou trois adresses.
À ces noms s’ajoutent de minuscules enclos fleuris, quelques potagers associatifs et des venelles bucoliques. Autant de prétextes à ralentir le pas et à se laisser surprendre.
En surplomb des rives de la Loire, ce jardin, jadis clos de l’abbaye Saint-Radegonde, dissimule sa porte derrière la place du même nom. Ce havre ne manque pas d’histoires : le mur nord du jardin retient les caves de l’ancienne abbaye, qu’on aperçoit encore dans le tuf friable à quelques mètres seulement du chemin de halage. Selon l’office de tourisme de Tours, ce jardin était initialement un lieu de méditation réservé aux religieuses au XVIIe siècle (Tours Métropole).
Ouvert aux heures de bureau, ce jardin reçoit peu de promeneurs hors du cercle initié, ce qui en fait un spot privilégié pour s’installer avec un livre ou herboriser en toute tranquillité.
Serti entre l’école Paul Bert et la rue Daniel Mayer, ce petit square récent (créé en 2015) rend hommage aux anciens combattants d’Algérie. Il accueille à la belle saison des jeux d’enfants, quelques bancs ombragés et un intéressant travail paysager : des massifs de vivaces choisies pour leur attrait pour les insectes pollinisateurs.
Un lieu discret, parfait pour une halte en famille ou pour observer, au matin, le ballet des mésanges dans la canopée toute neuve des érables.
Initiative née en 2013, ce jardin partagé est aujourd’hui un laboratoire vivant en pleine ville, géré par une quinzaine de familles riveraines (source : Passerelle Nature). Niché derrière la bibliothèque Paul Bert, il a été installé sur une ancienne cour de bitume. On y trouve :
Chaque samedi matin, les jardiniers bénévoles ouvrent leurs portes à tous, partagent des conseils – ou parfois même un brin de récolte. Les enfants profitent des hôtels à insectes, bricolés lors d’ateliers, tandis que la signalétique faite main raconte une aventure chaque année renouvelée. C’est là que l’on mesure combien la nature, même modeste, fédère et dynamise la vie locale.
À l’extrémité nord du quartier, non loin du belvédère de l’avenue Maginot, une surprise attend les curieux : une prairie naturelle épargnée par l’urbanisation, laissée volontairement sauvage par les services municipaux depuis 2016 dans le cadre du projet “Zéro phyto” (Ville de Tours).
Quelques bancs invitent à la rêverie face à l’horizon, et la lumière y prend, en fin de journée, des reflets dorés sur les panicules d’herbes folles. Prévoyez des jumelles pour tenter de surprendre la faune au lever du jour.
Outre les espaces classiques, Paul Bert recèle mille petites parenthèses naturelles insoupçonnées. Pour n’en citer que quelques-unes :
Ces touches de verdure, disséminées au fil des rues, participent autant que les parcs eux-mêmes à l’ambiance singulière du quartier Paul Bert, révélant l’importance de la végétalisation citoyenne pour le bien-être urbain (INRAE, étude 2022 sur la perception du végétal en ville).
Le quartier Paul Bert prouve qu’en marge des grandes pelouses et promenades célèbres, une autre nature urbaine s’invente au quotidien. Ces espaces verts méconnus offrent aux habitants comme aux visiteurs la possibilité d’explorer Tours sous un angle inattendu, où chaque détour, chaque muret, cache un univers à part entière. De la prairie sauvage à l’atmosphère monastique du jardin Saint-Radegonde, en passant par l’énergie vibrante du potager collectif, ces lieux célèbrent l’envie d’habiter la ville autrement. À l’heure des défis écologiques et de la recherche de respiration, Paul Bert inspire : la verdure, ici, se cultive au pluriel, à portée de tous.
Sources :