2 juin 2026
Sur le plan du patrimoine, Tours bénéficie d’un passé riche marqué par les jardins de monastères, les cours secrètes d’hôtels particuliers et la tradition de la “ville jardin” portée dès le XIXe siècle. Malgré l’urbanisation galopante, ces espaces résistent. Certains remontent à l’époque gallo-romaine, d’autres aux grandes heures de la Loire ligérienne. La municipalité protège désormais plus de 40 espaces verts dans le seul centre-ville (source : Ville de Tours), dont plusieurs nichés juste autour du Vieux-Tours.
Juste au sud du Vieux-Tours, le Jardin des Prébendes d’Oé n’est plus un secret pour les Tourangeaux, mais souvent négligé par les visiteurs. Créé en 1872 et inspiré des jardins anglais, il s’étend sur 4,5 hectares, avec une remarquable collection d’espèces botaniques – dont des cèdres classés arbres remarquables (source : label Arbres Remarquables de France). C’est le point de départ idéal pour filer vers les jardins plus confidentiels à l’est, à l’ouest ou plus directement autour du secteur sauvegardé.
La Psalette borde la cathédrale Saint-Gatien, rue du Cloître. Derrière ses portes, le petit cloître de la Psalette dévoile une enceinte rectangulaire adossée à la cathédrale, plantée en silence derrière les arches gothiques. Les moines chantaient jadis ici leurs offices, entre le lierre, des herbes médicinales et des rosiers d’antan.
Ce jardin n’est ouvert que pendant les visites du monument (source : Centre des Monuments Nationaux). Les visiteurs évoquent souvent l’impression de “bulle temporelle” parfaite pour une pause lecture ou méditation à l’ombre d’une pierre millénaire.
À deux pas du musée des Beaux-Arts et adossé à la mairie, le Square Sourdillon est l’un des rares jardins publics véritablement cachés du secteur. Aménagé sur une ancienne emprise du cimetière Saint-Gatien, il porte le nom d’un maire ayant œuvré pour la création d’espaces verts à Tours après 1900. L’endroit est souvent désert, bien qu’il abrite aujourd’hui des essences rares et offre un point de vue inattendu sur la cathédrale et le chevet gothique.
Moins accessible au grand public mais exceptionnel par son histoire, le jardin de l’hôtel Goüin, joyau Renaissance du XVe siècle, est rarement ouvert mais devient ponctuellement le théâtre d’événements, d’expositions et de soirées estivales. Entre les murs de tuffeau, le jardin restauré évoque l’élégance discrète des hôtels particuliers de la Loire.
Caché derrière les grilles protocolaire de la Préfecture d’Indre-et-Loire, rue Bernard-Palissy, ce jardin à la française surprend par la rigueur de son dessin, bien loin du tumulte du Boulevard Béranger tout proche. Malgré son accès restreint, l’endroit accueille chaque année :
Avis aux amateurs : surveiller les ouvertures exceptionnelles pour découvrir ses allées bordées de buis et ses ifs taillés.
En lisière du Vieux-Tours, vers la rue Colbert, se niche un bout d’impasse recouvert de gravillons. Depuis 2015, les résidents, aidés par une association de quartier, ont arraché les herbes folles… pour les remplacer par des variétés mellifères, des fruitiers nains, de la vigne et même – surprise – un mini-hôtel à insectes.
L’exploration des jardins du Vieux-Tours ne se limite jamais à une liste figée : chaque saison, chaque ouverture temporaire apporte son lot de surprises et d’émotions. Ces espaces démontrent combien la nature s’infiltre, parfois à pas feutrés, dans les interstices du patrimoine. Ils offrent une respiration bienvenue, un terrain de jeu pour l’imagination, et une invitation à tisser un lien différent avec la ville.
Dans l’exubérance d’un vieux rosier, l’ombre fraîche d’un cloître ou la simplicité d’une cour transformée en potager, le patrimoine végétal de Tours continue de susciter la curiosité, pour peu qu’on prenne le temps… d’écouter pousser la ville.