À la découverte des jardins cachés de Tours : Sept havres secrets qui chamboulent la promenade

1. Le jardin du Musée des Beaux-Arts : un secret entre pierre et verdure

Passé le portail du Musée des Beaux-Arts, derrière la silhouette monumentale du cèdre du Liban (planté en 1804, figure locale, et classé “arbre remarquable”), se love un jardin méconnu, ombragé et propice à la flânerie silencieuse. Moins couru que le musée lui-même, ce jardin s’étend sur plus de 2 500 m², mélange de pelouses élégamment dessinées, de massifs fleuris et d’œuvres d’art cachées entre buissons et sculptures.

  • Le saviez-vous ? Le fameux lion naturalisé qui accueille les visiteurs, fauché en 1793 après avoir erré dans les rues de la ville, veille toujours à l’entrée du jardin.
  • Bon à savoir : À l’ombre du cèdre, le silence n’est brisé que par les oiseaux des jardins, recensés lors de l’opération nationale “BirdLab” (2018-2020, Muséum national d’Histoire naturelle).

Ce lieu, où il n’est pas rare de croiser peintres amateurs et amateurs de quiétude, est accessible gratuitement aux heures d’ouverture du Musée. Un havre pour lire, penser, ou simplement savourer la lumière douce des soirs tourangeaux.

Source : Ville de Tours

2. Le jardin de l’Hôtel de Ville : élégance discrète et parterres à la française

Situé à l’arrière de la monumentale bâtisse de l’Hôtel de Ville (édifié entre 1896 et 1904, Ernest de Maille), ce jardin de 3 800 m² se cache en plein centre-ville. Beaucoup passent devant sa grille sans imaginer la géométrie raffinée des buis, les fontaines discrètes et les parterres souvent renouvelés avec inventivité par les jardiniers de la municipalité.

  • En 2022, quelque 25 000 plantes annuelles y furent plantées, souvent autour d’un thème écologique ou poétique (données Mairie de Tours).
  • Accessible gratuitement, il offre une vue unique sur l’arrière du bâtiment classique, ses arcades, et ses statues allégoriques.

C’est un des rares endroits où s’asseoir pour lire un journal municipal ou observer les roses anciennes, à deux pas de la Place Jean Jaurès toujours animée.

Source : Ville de Tours

3. Le jardin Saint-Pierre-le-Puellier : un archéosite romantique

À l’ombre de la cathédrale, derrière l’église et le clocher Saint-Pierre-le-Puellier, s’étend un étonnant jardin mêlant architecture médiévale, vestiges gallo-romains et massifs de plantes aromatiques.

  • Origine : L’espace actuel occupe l’ancien cimetière et le cloître de l’église, réaménagés dans les années 1980 pour valoriser les fouilles archéologiques (INRAP).
  • On y découvre un carré de plantes médicinales, clin d’œil aux usages ancestraux, et des tableaux de pierre où s’allongent les ombres du passé.

Coin souvent désert, bercé par le chant des mésanges charbonnières, c’est le royaume secret des photographes et des lecteurs curieux de patrimoine.

Sources : Wikipedia, INRAP

4. Le jardin François Sicard : à deux pas du tumulte, la pause parfaite

Si la plupart des Tourangeaux le traversent sans y prendre garde, le jardin François Sicard mérite qu’on s’y attarde. Véritable trait d’union entre la cathédrale et le Musée des Beaux-Arts, il s’étire sur 7 000 m² autour de bassins, statues et pelouses impeccables.

  • Dédié au sculpteur François Sicard (1862-1934), originaire de Tours, il abrite une statue de Descartes et plusieurs essences exotiques rapportées lors des expositions universelles de la Belle Époque.
  • Les jardiniers municipaux y expérimentent des plantations durables (paillage, essences résistantes à la chaleur, projet "Jardins écoresponsables" Ville de Tours 2021-2023).
  • Anecdote : jusqu’en 2012, on y croisait encore le bassin aux tortues, aujourd’hui remplacé pour des raisons sanitaires (source : Nouvelle République, 2012).

En toute saison, c’est l’endroit idéal pour manger sur un banc, observer les bâtisseurs du passé, ou rêver sous l’allée des arbres centenaires.

Sources : Ville de Tours

5. Le jardin du Prébendes d’Oé : laboratoire d’expériences botaniques en cœur de quartier

Cité à de rares occasions, souvent confondu avec le “grand” Jardin des Prébendes situé au sud, ce petit jardin confidentiel (environ 1 000 m²), plus intime, se niche entre l’église Saint-Paul et des maisons bourgeoises XIXe.

  • Particularité : Ce jardin, peuplé de pivoines anciennes, sert de laboratoire d’expérimentation pour de jeunes maraîchers urbains de l’association Les Voisins Jardiniers, qui y testent la culture de légumes oubliés.
  • Vous y croiserez parfois des ateliers compost ou permaculture animés pour les enfants du quartier (source : collectif local, 2023).

Temple du “slow gardening”, il rappelle que les jardins urbains sont aussi des lieux de transmission et de réinvention.

6. Les jardins ouvriers et familiaux : patrimoine vivant, la ville vue de l’intérieur

Peu de visiteurs savent que Tours compte plusieurs dizaines de jardins ouvriers et familiaux, souvent situés en périphérie mais parfois à deux pas du centre historique (quartier Paul Bert, Sainte-Radegonde…).

  • En 2023, on dénombrait plus de 795 parcelles cultivées au sein de ces jardins partagés (source : Fédération Départementale des Jardins Familiaux d’Indre-et-Loire – FDJF 37).
  • Certains jardins sont visitables lors des portes ouvertes annuelles (printemps), et il n’est pas rare de croiser un “ancien” qui raconte, sécateur à la main, l’histoire de sa parcelle héritée de parents ou fondée à l’époque des grandes migrations rurales du XIXe siècle.
  • Le jardin “La Gloriette”, accessible, mêle potager urbain, rucher pédagogique et animaux de ferme. Grand succès côté familles (plus de 35 000 visiteurs/an, Ville de Tours).

Patrimoine populaire et vivant, ces jardins racontent autant l’histoire de la ville que celle de ses habitants, entre courgettes géantes et traditions orales.

Sources : Ville de Tours, FDJF 37

7. Le jardin des Vikings : une pépite archéologique sur fond de Loire

Resté longtemps inconnu même de nombreux Tourangeaux, le jardin dit “des Vikings” s’étend sur les pentes de Sainte-Radegonde, avec vue plongeante sur la Loire. Son nom, fantaisiste, rappelle la découverte de sépultures du Xe siècle attribuées à des marchands scandinaves.

  • Le jardin, aménagé dans les années 2000 sur l’ancien site archéologique, mêle espèces locales, mobilier contemporain et panneaux d’interprétation historique.
  • Accessible toute l’année, il offre un des rares points de vue sur le méandre nord de la Loire et le vieux pont de pierre.
  • Anecdote : lors des fouilles (1997, Direction régionale des affaires culturelles), on y retrouva des parures de bronze et une épée damasquinée, aujourd’hui conservées au musée du Compagnonnage.

Parfait pour les marches méditatives ou les pique-niques contemplatifs… mais n’oubliez pas de chercher les sculptures de granite cachées dans les fourrés !

Sources  : Ville de Tours, INRAP

Pour les aventuriers verts : trois autres adresses à guetter

  • Jardin botanique du lycée de Grandmont : Réservé aux scolaires, il s’ouvre quelques fois par an au grand public lors de fêtes des plantes. Il conserve des espèces médicinales rares et les derniers traces d’un vignoble intra-muros du XVIIe (source : Cercle des Amis du Lycée Grandmont).
  • Le square Prosper Mérimée : Coin de repos discret et fleuri derrière la bibliothèque municipale, idéal pour fuir les révisions ou la foule du marché.
  • Le jardin partagé de la rue Bernard Palissy : Espace collaboratif animé par un collectif d’habitants, souvent décoré à la belle saison de guirlandes et d’installations artistiques “éphémères”.

Explorer, cultiver, transmettre : les mille visages verts de Tours

Les jardins méconnus de Tours réinventent la balade urbaine : ici, la nature reprend ses droits, l’histoire sourd entre deux massifs, le lien social s’invite à l’ombre des arbres centenaires. Que l’on soit botaniste amateur, photographe à la recherche de lumières inédites ou simple curieux en quête d’inspiration, ces poches de verdure offrent une leçon d’humilité et de joie. Chaque passage renouvelle le regard : entre les mains des jardiniers, les saisons se savourent autrement, loin de l’agitation du centre-ville.

Pour préparer ses explorations : surveillez les programmes de la Ville de Tours et des associations locales, notamment lors des Rendez-vous aux jardins ou des Journées du patrimoine, qui sont souvent l’occasion d’accéder à des lieux d’ordinaire fermés.

Les itinéraires proposés ici ne demandent qu’à être complétés. N’hésitez pas à pousser les grilles, à questionner les jardiniers, à consigner vos propres trouvailles… Car à Tours, l’inattendu pousse aussi à l’ombre des figuiers et sous les sentiers de traverse.