Tours, côté secrets : cinq patrimoines insoupçonnés à explorer

La crypte de la basilique Saint-Martin : sous les pavés, l’émerveillement

Si l’on connaît l’imposante basilique Saint-Martin et son dôme bleu, peu de visiteurs savent que son trésor spirituel se cache en réalité… bien en dessous ! La crypte actuelle, ouverte discrètement sur le côté, abrite les reliques du saint le plus populaire de la ville. Là, une atmosphère étonnante de ferveur et de silence saisit les curieux comme les pèlerins.

  • Un vestige de l’Histoire médiévale : La crypte actuelle date pour l’essentiel du XIXe siècle, mais elle conserve quelques traces médiévales et marque l’emplacement du tombeau originel du saint, enterré ici en 397 (source : basilique-tours.fr).
  • Des anecdotes de fouilles : Lors de la Révolution, la basilique avait été détruite. Mais la ferveur locale était telle que des habitants, contre vents et marées, cachèrent les reliques et préserveront la mémoire locale jusqu’à la reconstruction au XIXe !
  • Le saviez-vous ? Si Tours fut le plus grand lieu de pèlerinage d’Occident au Moyen Âge (devançant Compostelle avant le XIIe!), c’était avant tout pour venir saluer ce saint connu pour avoir partagé son manteau… et multiplié les miracles.

L’hôtel Goüin, ou comment une façade cache bien son jeu

Derrière sa façade Renaissance sur la rue du Commerce, l’hôtel Goüin fait souvent hausser les sourcils des passants : « Musée fermé ? Centre d’expos ? » En réalité, c’est l’un des rares témoignages de la Renaissance tourangelle, qui fut détruit à 80 % par les bombardements de 1944, puis patiemment relevé — et réserve bien des surprises architecturales.

  • Un joyau compilé : Salon gothique, escalier monumental du XVIe siècle, céramiques de faïencerie du XIXe — on y croise toute la palette de l’art tourangeau, de la sylphide Renaissance aux influences industrielles.
  • Curiosité méconnue : Vous y trouverez, en levant les yeux dans la cour, une rangée de têtes sculptées typiques de l’humour du XVIe siècle : animaux, masques grimaçants, visages de notables ou allusions mythologiques. Osez demander leur signification pendant une des visites commentées !
  • Un centre névralgique : Aujourd’hui, l’hôtel Goüin accueille de curieuses expositions temporaires, souvent à la croisée des arts et du patrimoine local (hotelgouin.fr).

La tour Charlemagne : sentinelle solitaire du passé

Imposante, féroce et solitaire dans le vieux Tours, la tour Charlemagne est bien souvent associée à l’imaginaire ‘médiéval-fantastique’ de la ville. Elle fut pourtant longtemps laissée à l’abandon, cachée derrière des habitations, avant les grands travaux de redécouverte urbaine des années 1960-1970.

  • Un vestige d’église géante : La tour Charlemagne était jadis l’un des deux « pylônes d’entrée » de la vaste collégiale Saint-Martin, partiellement détruite à la Révolution (Ville de Tours).
  • Escalier : le vertige assuré : Pour les plus courageux, la montée de ses marches étroites est récompensée par une vue panoramique, insolite, sur les toits de Tours et les méandres de la Loire.
  • Fait peu connu : La tour Charlemagne tient son nom… d’une méprise du XIXe : une statue de l’empereur fut transférée dans ses environs, faisant croire qu’il y avait séjourné !

Les caves du vieux Tours : le labyrinthe méconnu

Sous les pavés du centre, se déploie un labyrinthe insoupçonné : des kilomètres de caves et de galeries, vestiges de la ville médiévale et d’un sous-sol bourré de surprises.

  • Vestiges gallo-romains : Certaines caves remontent à l’époque gallo-romaine : on peut y apercevoir des pans de murs antiques, bases de colonnes ou d’anciens réservoirs d’eau — ouverts seulement lors de rares Journées du Patrimoine.
  • Caves à usages détournés :
    • Abris durant la Seconde Guerre mondiale
    • Cache pour les vins fins de Loire (on chuchote qu’un certain François Ier y aurait fêté quelques conquêtes !)
    • Refuges de sociétés secrètes, ateliers d’artistes, ou scènes de bals clandestins au XVIIIe
  • Comment les découvrir ? Quelques-unes sont accessibles à travers les restaurants historiques, les bars à vins ou lors de visites guidées thématiques. Le reste demeure réservé aux avertis… et à l’imaginaire des promeneurs. Plus d’infos sur le site de l’office de tourisme : tours-tourisme.fr

La chapelle Saint-Libert : un trésor carolingien caché des regards

Mentionnée à peine sur quelques panneaux du quartier Lamartine, la chapelle Saint-Libert est pourtant un précieux témoin de l'architecture préromane et du passé monastique du secteur.

  • Rareté extrême : Construite à la fin du IXe siècle, cette chapelle figure parmi les très rares édifices, en France, subsistant de l’époque carolingienne.
  • Découverte par hasard : Longtemps cachée par des habitations privées, elle a failli tomber dans l’oubli avant d’être redécouverte lors de démolitions en 1844 (patrimoine-histoire.fr).
  • Un concentré d’Histoire : Utilisée comme cave à charbon, puis remise en valeur, la chapelle dévoile aujourd’hui un mélange d’appareils de pierre et une abside particulièrement bien conservée — passionnante à explorer lors des quelques ouvertures annuelles.

Zooms sur d’autres pépites patrimoniales méconnues

  • Le passage du Cœur-Navré : L’une des ruelles les plus étroites de France ! Située rue Colbert, elle fut surnommée ainsi à cause de sa déclinaison sinueuse et d’une ancienne enseigne disparue.
  • Le jardin botanique caché de la Faculté de Médecine : Accessible seulement lors d’événements, ce jardin renferme des essences venues du monde entier, rares ou en voie de disparition, utilisées dans l’enseignement médical depuis le XIXe siècle.
  • L’ancien couvent des Minimes : Construit à la Renaissance sur la plaine de la Gloriette, il est aujourd’hui transformé en centre administratif… mais certaines de ses salles voûtées et fresques subsistent, pour les plus curieux !
  • La tour de Guise : Moins connue que Charlemagne, cette tour médiévale (XIIIe siècle) fut jadis un élément essentiel de la muraille, et même prison sous la Terreur… À découvrir lors de visites événementielles.

Portrait croisé : artisans et passionnés au service du patrimoine caché

Parce que le patrimoine n’existerait pas sans celles et ceux qui le font vivre, deux voix locales :

  • Émilie, spécialiste de la restauration : « Ma plus belle surprise ? Une cuisine Renaissance, accessible par un tunnel, dont la hotte médiévale contenait des assiettes et ustensiles oubliés sous la Révolution. On a presque rouvert le passé à coups de spatule ! »
  • Bastien, organisateur de balades nocturnes : « À la tombée de la nuit, je fais découvrir la ‘face B’ de Tours. Chaque cave, chaque ruelle, chaque pierre chuchote un pan d’aventure, souvent invisible le jour mais palpable à la lueur des lampes ! »

Voyage dans le temps sur un itinéraire insolite

Envie d’explorer ces lieux atypiques par vous-même ? Voici un parcours pour goûter, en une demi-journée, l’insolite patrimonial de Tours :

  1. Commencez par la chapelle Saint-Libert (matin, lors d’une ouverture exceptionnelle)
  2. Poursuivez rue du Commerce : halte prolongée à l’hôtel Goüin et admiration de sa façade.
  3. Remontez le passé médiéval via la tour Charlemagne — pour les plus aventureux, grimpez jusqu’au sommet.
  4. S’aventurer enfin dans une cave du Vieux Tours, idéalement via une visite guidée sur réservation (renseignements via l’office du tourisme).
  5. Pour finir, direction la crypte de la basilique Saint-Martin, pour une touche de recueillement… et de mystère.

À la poursuite du patrimoine inattendu

À Tours, chaque pierre dissimule une anecdote, une rumeur, une surprise. Loin des itinéraires balisés, ces lieux méconnus relient le visiteur contemporain aux couches profondes de la ville : celles d’un Moyen Âge secret, d’une Renaissance audacieuse ou d’un XIXe siècle industriel. Explorer ce patrimoine caché, c’est aussi renouer avec l’esprit curieux et vivant de Tours — et découvrir qu’au fil du Val de Loire, l’inattendu est toujours à portée de pas !