Balade inattendue à Tours : entre le pont Wilson et l’île Simon, quelle rive choisir ?

Un choix de promenade qui en dit long sur l’âme de Tours

Tours, ville charnière où la Loire dessine d’infinis possibles, a cette magie d’offrir à chacun sa façon d’explorer. Le court tronçon reliant le pont Wilson à l’île Simon devient, à qui veut bien ouvrir l'œil, un petit monde à lui seul : histoire, faune sauvage, spots secrets, art… Mais quelle approche choisir pour profiter au maximum de ce beau duo ligérien ? Chaussez vos baskets : entre patrimoine et nature, voici un comparatif vivant, nourri d’anecdotes, de témoignages locaux et de suggestions insolites pour sublimer cette fameuse traversée.

Pont Wilson : plus qu’un passage, un pan d’histoire

Impossible de commencer la balade sans évoquer le pont Wilson, cet emblème tourangeau. Inauguré en 1778 après presque 30 ans de travaux, il doit son nom… à l’ancien président américain Woodrow Wilson, clin d’œil à l’amitié franco-américaine après la Première Guerre mondiale (Touraine Loire Valley). Avec ses 434 mètres de long et ses 15 arches d’origine, c’est longtemps le seul point de franchissement de la Loire entre Blois et Saumur !

  • Un effondrement marquant : en 1978, juste avant ses deux cents ans, cinq arches s’effondrent brutalement. La reconstruction, qui préserve l’austère élégance monumentale, donne au pont son air bancal et son petit charme penché.
  • Plein centre, plein d’histoires : autrefois point de passage des processions, à deux pas de la place Jean Jaurès et du cœur ancien de Tours.
  • Paysages photographiques : la vue sur la Loire change au fil de l’eau, parfaite pour les amateurs de belles lumières à l’aurore comme à la tombée du jour (Touraine Loire Valley).

Île Simon : la Loire côté nature et créativité

À seulement quelques mètres du pont Wilson, l’île Simon offre un autre visage de Tours : plus sauvage, ludique, expérimental. Isolée entre deux bras de Loire, elle a longtemps servi de pâturage ou de simple zone inondable. Transformée depuis 2013 en vaste espace public, elle s’est imposée comme le poumon vert du centre-ville.

  • Un projet écologique : la reconquête de l’île a permis la création de 85 essences végétales (arbres, arbustes, fleurs…), refuge d’oiseaux rares tels que la sterne pierregarin ou certains hérons (Mairie de Tours).
  • Des loisirs en plein centre : aire de jeux, sports de plein air, zone de pique-nique entre amis ou avec vue sur la ville.
  • Un terrain d’expérimentation culturelle : concerts lors du festival « Terres du Son », expositions éphémères, ateliers artistiques à ciel ouvert (notamment initiées par les collectifs Cie Off ou AR(t)SENIC).

Itinéraires : deux façons de vivre la Loire à Tours

La rive patrimoniale : du pont Wilson au Vieux Tours

  • Départ : pont Wilson, côté centre-ville.
  • Buts culturels : traversée du pont avec panorama sur la cathédrale et les façades XIXe. Descente vers la place Anatole-France, puis immersion dans les ruelles du Vieux Tours via la rue Nationale.
  • Immanquables :
    • Place Plumereau, temple des terrasses animées.
    • La tour Charlemagne, vestige du pèlerinage médiéval.
    • Galeries d’art et librairies anciennes (l’intrigante Librairie La Boîte à Livres, fondée en 1985).
  • Anecdote : en 2023, plus de 47 000 visiteurs ont franchi les portes du Musée des Beaux-Arts de Tours, à deux pas de la Loire (La Nouvelle République).

Pour qui ? Les passionnés d’histoire, d’architecture et les amateurs de pauses gourmandes (ne pas manquer les fameux rillons ou le fromage Sainte-Maure au marché des Halles !). Cet itinéraire foisonne d’ambiances, souvenirs littéraires (Honoré de Balzac attend les curieux sur son banc, place Jean-Jaurès) et petits cafés où la Loire se savoure aussi dans l’assiette.

L’île Simon : l’appel du sauvage, à deux pas du tumulte

  • Départ : accès depuis la fin du pont, côté nord (passez la guérite, direction le Skatepark).
  • Paysages et rencontres :
    • Prairies inondables aux allures de tableau impressionniste (au printemps, la Loire déborde délibérément pour régénérer la flore).
    • Observation ornithologique : chroniqueurs passionnés de la LPO y rencontrent chaque année une vingtaine d’espèces différentes, dont le gravelot et parfois le fameux martin-pêcheur (LPO Touraine).
    • Pique-nique « pieds dans l’eau » lors des longues soirées d’été, avec vue sur la presqu’île.
    • Boucle nature idéale pour les familles, avec plus de 3 hectares d’espace protégé (Source : Mairie de Tours).

Pour qui ? Ceux qui cherchent une pause nature, les familles en balade, les photographes, les flâneurs sans montre. Mais aussi les amateurs de sensations nouvelles, puisque l’île héberge parfois des expérimentations artistiques… et même, une chasse aux trésors numérique grâce à l’application Baludik (Baludik).

Que disent les « vrais » Tourangeaux ?

Parfois, les meilleurs conseils viennent de ceux qui arpentent ces chemins chaque jour. Petite sélection d’avis recueillis auprès de figures locales :

  • Camille, créatrice de Tours Célestes : « L’île Simon, c’est un bol d’air garanti. J’y emmène toujours les familles pour leur montrer ce que signifie "la Loire vivante" : hérons, traces de ragondins, orchidées sauvages. »
  • Gilles, boulanger place Châteauneuf : « Le pont Wilson, je l’aime pour l’histoire. Même dans la brume, on entre dans la ville de Balzac. Mais l’été, rien ne vaut la pelouse de l’île pour regarder le coucher de soleil après le marché. »
  • Maëva, animatrice nature LPO : « On ne réalise pas assez qu’à dix minutes à pieds du centre, il y a une réserve biologique cosmopolite ! Les balades commentées sur l’île – qui sont gratuites pour tous – font carton plein. »
  • Julien, restaurateur membre de l’Association des commerçants du Vieux-Tours : « La passerelle du pont Wilson, c’est un fil d’Ariane vers tous les plaisirs, nourriture comprise. Beaucoup de touristes font ce parcours sans savoir qu’ils sont sur l’un des axes les plus anciens d’Europe. »

À ne pas manquer selon la saison

  • Printemps-été : sur l’île Simon, floraison du trèfle d’eau et nuées de sternes. C’est la meilleure période pour les ateliers plein air et la guinguette (La Guinguette de Tours-sur-Loire).
  • Automne : la lumière dorée sur les vieilles pierres du pont Wilson et les brumes matinales transforment la promenade patrimoniale en décor de roman policier – un vrai tableau d’Eugène Boudin.
  • Hiver : public d’ornithologues en quête de migration sur l’île, mais aussi plus grande tranquillité dans le vieux Tours : moins de monde, plus de mystère.

Suggestions pour prolonger la balade

  • Visiter les « Jardins de la Préfecture », oasis paysager à deux pas de l’île Simon.
  • Traverser la Loire en vélo via le pont Wilson pour rejoindre la « Loire à Vélo », célèbre itinéraire cyclable de 900 km.
  • Terminer par un brunch au Café Marcel ou découvrir le marché du dimanche place des Halles.
  • Expérimenter le kayak sur la Loire entre l’île Simon et la presqu’île de la Gloriette (activité proposée par Canoë-Kayak Tours).

Le petit plus inattendu :

À noter, la ville de Tours a été sacrée première « Ville d’art et d’histoire » de la région Centre-Val de Loire en 1988 (Ville de Tours), reconnaissance qui conforte cette portion de Loire comme terrain idéal de promenades hybrides : un pied dans l’histoire, l’autre dans la nature… avec vue sur le patrimoine mondial de l’UNESCO.

Entre le pont Wilson et l’île Simon, vivez Tours autrement

Qu’on opte pour la majesté du pont Wilson ou la douceur verte de l’île Simon, chaque parcours a son lot de secrets à révéler. Ce lien entre eau, pierre, verdure et art façonne une expérience unique, qui ne demande ni billet d’entrée, ni grand détour. Le vrai luxe ici ? Prendre le temps, et laisser la Loire raconter ses versions inattendues de Tours, au fil d’un pas curieux.