3 novembre 2026
Juste sous vos yeux, au beau milieu de la Loire, veille une rive insoupçonnée : l’île Simon. Ici, la ville se fait discrète, le trafic s’efface, et même les péniches freinent leur allure. Dans cette oasis fraîche et verdoyante, la faune locale a élu domicile, loin des regards pressés mais à portée de jumelles avisées.
Cette île, accessible à pied depuis le pont Wilson, incarne la magie d’un îlot préservé en pleine métropole tourangelle. Sa situation stratégique au sein du Val de Loire, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, en fait un véritable havre pour l’observation des oiseaux, et plus particulièrement pour deux majestueux ambassadeurs du fleuve : le héron cendré et la cigogne blanche.
Mais pourquoi donc les hérons et les cigognes aiment-ils tant l’île Simon ? Et comment les observer sans les déranger ? C’est ici que le ballet commence…
Depuis quelques années, la Loire à Tours voit s’accentuer la présence de ces deux espèces : certaines saisons du printemps et de l’été, il n’est pas rare d’observer 6 à 8 cigognes posées en même temps dans l’espace ligérien, d’après les relevés de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) Touraine — un chiffre inimaginable il y a encore 20 ans (LPO Touraine).
C’est d’abord la richesse de son biotope ligérien qui fait la différence. L’île Simon rassemble tous les ingrédients pour séduire ces volatiles :
À l’échelle régionale, la Loire fonctionne comme un véritable couloir migratoire : au printemps et à l’automne, des centaines d’espèces d’oiseaux y font étape lors de leurs longs voyages d’Afrique vers l’Europe du Nord (données Muséum d’Histoire Naturelle de Tours, 2023).
L’île Simon a ses horaires et ses saisons de prédilection pour surprendre ses hôtes à plumes. Voici quelques repères précieux :
Petit clin d’œil : lors de la fameuse crue de 1856, la Loire avait totalement submergé l’île Simon, changeant temporairement la donne pour les oiseaux – un épisode gravé dans la mémoire tourangelle (source Archives départementales d’Indre-et-Loire).
À ce sujet, la LPO propose ponctuellement des sorties pédagogiques ouvertes à tous : surveillez leur agenda ou celui de la Maison de la Loire.
Un matin de juin 2022, un groupe d’observateurs a eu la surprise de voir, non pas une, mais trois cigognes blanches atterrir puis déployer leur étrange ballet d’intimidation, piétinant l’herbe en cherchant des vers. Un spectacle rare à cette latitude, salué comme un signe encourageant du retour de ces grands migrateurs ! (La Nouvelle République).
D’après la base de données nationale Faune-France, près de 178 espèces d’oiseaux ont été recensées sur la commune de Tours depuis 2010, dont 41 observations distinctes de cigognes blanches sur l’agglomération tourangelle (Faune-France).
La Loire à Tours continue de dévoiler ses secrets : avec l’installation récente de nichoirs expérimentaux sur l’île Aucard, l’autre île voisine, de nouveaux couples d’oiseaux pourraient bien faire leur apparition prochainement (projet impulsé par la LPO et la Ville de Tours, 2023, voir communiqué municipal). Les recensements se suivent, les bénévoles scrutent, et la faune locale n’a pas fini de vous surprendre.
Si la balade vous tente, prolongez l’expérience sur l’île de la Métairie, explorez la rive du Saint-Roch à la jumelle, ou suivez le fil de la Loire à vélo pour multiplier les points de vue et les surprises… Au fond, s’aventurer sur l’île Simon, c’est accepter de ralentir, d’affûter son regard, et – qui sait ? – de croiser le regard perçant d’un héron ou le vol silencieux d’une cigogne, ambassadeurs d’un patrimoine naturel précieux à préserver.
Pour plus d’infos et de sorties guidées : consultez le site de la LPO Touraine, la Maison de la Loire d’Indre-et-Loire ou les dernières actualités du Parc Naturel Loire-Anjou-Touraine.