28 août 2026
La forêt de Larçay, parfois appelée « bois des Hâtes », fut autrefois la propriété de plusieurs abbayes avant de devenir un domaine communal. Elle s’étend aujourd’hui sur près de 145 hectares (source : Ville de Larçay), marquant la limite sud-est de l’agglomération tourangelle. Son charme ? Un subtil mariage entre typicité ligérienne et ambiance presque bocagère.
Le sentier s’enfonce d’abord sous couvert de chênes et charmes, longe une ancienne carrière (parfaite pour observer l’évolution d’un paysage façonné par l’homme), puis traverse clairières et vallons où apparaissent parfois chevreuils et pics-verts. L’un des secrets les mieux gardés reste la « Pierre à sacrifices » : une dalle de calcaire qui intrigue depuis l’époque gallo-romaine. Mythe ou réalité ? Il faut tendre l’oreille aux habitués…
Bonus : chaque année, au printemps, la commune de Larçay organise des sorties découvertes (gratuites, sur inscription), animées par des connaisseurs du Conservatoire d’espaces naturels de la région Centre-Val de Loire.
Explorés de génération en génération, les chemins de Larçay sont émaillés de récits. On raconte par exemple que les maquisards, durant l’Occupation, utilisaient les fourrés du « Bois du Moulin » pour s’y cacher. Des sentiers inoffensifs aujourd’hui, riches en mémoire pour qui prend le temps d’observer les vieilles plantations et les anciennes bornes communales.
Côté sud de Tours, la forêt domaniale de Ballan-Miré flirte avec les pâturages et les plans d’eau. Moins étendue que celle de Larçay (environ 90 hectares de massif forestier et 122 hectares d’espaces naturels toute catégories confondues, source : Ville de Ballan-Miré), elle réserve pourtant une parenthèse de verdure idéale pour les randonneurs de tous niveaux.
Le parcours offre une étonnante diversité de paysages. Après le passage boisé, on longe l’étang des Landes, réputé auprès des ornithologues locaux pour sa population de hérons cendrés et de grèbes castagneux. Un observatoire installé au bord de l’eau permet une petite pause stratégique pour voir, entre mars et juin, les parades nuptiales des oiseaux.
Amateurs de patrimoine, ouvrez l’œil : la balade longe aussi de vieilles fermes restaurées, certaines datant du XVIIIe siècle. Au printemps, les orchidées sauvages tapissent les bords du sentier, preuve éclatante de la richesse écologique du secteur.
Les atouts des forêts tourangelles, ce sont aussi leur accessibilité et une agréable absence de foule. Les points de départ de Larçay et Ballan-Miré sont connectés à Tours par le réseau Fil Bleu (bus ligne 32 vers Larçay, ligne 30 vers Ballan-Miré). Pratique : un départ le samedi matin au cœur de la ville peut mener en à peine 25 minutes au commencement des sentiers, sans se soucier de stationnement.
Pour les cyclistes en mal de grand air, nombre de circuits « Vélo et Fromages » (Touraine Loire Valley) passent à proximité, avec la possibilité d’enchaîner randonnée pédestre et halte gastronomique dans un rayon de 10 km autour des bois.
Vincent, éco-bénévole croisé lors d’une sortie nature, confie : « La forêt de Larçay offre au printemps plus de 30 espèces de champignons comestibles, mais la cueillette est réglementée : attention à ne pas dépasser le kilo autorisé par personne ». Pour lui, "le secret du coin, c'est la patience : marcher lentement, écouter, c’est là que la forêt se montre la plus belle."
Sophie, apicultrice à Ballan, emporte toujours son carnet de croquis lorsque « la lumière tombe sur les étangs ». Inutile, selon elle, de chercher les plus grands circuits : « Ce qui fait la magie, c’est l’odeur de la menthe sauvage, le jeu des libellules et le silence, juste troublé par le vent ».
Qu’il s’agisse de s’offrir une parenthèse verte à quelques arrêts de bus du centre-ville, de scruter l’histoire du vignoble tourangeau enfoui sous la mousse ou de croiser furtivement un chevreuil au détour d’un talus, les forêts de Larçay et de Ballan-Miré n’ont pas fini de se dévoiler. Il suffit parfois d’une paire de chaussures confortables et d’un brin de curiosité pour transformer une balade dominicale en expédition locale. Qui sait, la prochaine surprise attend peut-être derrière le vieux chêne du bois des Hâtes ou sous l’aile d’un héron posé sur l’étang de Ballan. Bonne randonnée !