4 août 2026
Impossible de parler de la Loire à Vélo sans évoquer ce tronçon-vedette : entre Tours et Amboise, c’est l’assurance d’un cocktail d’histoire, de nature et de surprises à chaque coup de pédale. Sur 25 km environ (28 km selon la variante choisie), ce parcours réunit en condensé les splendeurs du Val de Loire : villages endormis, châteaux mirages, bords de Loire indomptés, haltes gourmandes et vues qui donnent des envies de pique-nique.
Ce segment fait partie de l’EuroVelo 6, cette “route des fleuves” tant appréciée des cyclistes européens. En 2021, la Loire à Vélo, c’était près de 1,3 million de cyclistes recensés, dont plus de 70% sur le tronçon Orléans-Tours-Amboise, preuve de son attrait croissant (source : LaLoireaVelo.fr).
Gravel, VTC, vélo électrique… tout est possible ! Mais l’idéal reste le vélo “tout chemin” : un cadre confortable, des pneus pas trop fins pour éviter les mauvaises surprises sur chemins de halage, et surtout, de bons freins. Les adeptes du vélo électrique auront la vie douce : bornes de recharge dans plusieurs villages, notamment Montlouis.
Le Val de Loire se parcourt toute l’année mais c’est de mai à septembre que la magie opère. En juin, les bords de Loire s’illuminent de coquelicots et le thermomètre flirte avec les 23°C en moyenne (source : Météo France). Juillet et août sont plus touristiques, mais le matin, l’atmosphère reste paisible et le ballet des oiseaux sur la Loire vaut bien un réveil matinal.
Comptez environ 2h30 de vélo “effectif” en rythme tranquille, sans compter les pauses-découvertes. Pour profiter vraiment, consacrez-y une demi-journée, voire une journée entière si vous souhaitez visiter châteaux, caves et villages.
Le coup d’envoi se donne sur le quai de la Loire, à deux pas du pont Wilson. Laissez derrière vous les façades à pans de bois, humez l’air frais du port historique, et c’est parti ! Le fleuve n’a jamais été aussi proche. Petite anecdote : au XIXe siècle, les mariniers de la Loire faisaient halte ici pour charger le vin de Vouvray – un clin d’œil à votre prochaine étape oenotouristique.
Après avoir quitté l’agglomération tourangelle – entre petits faubourgs et tronçons verdoyants –, on arrive à Montlouis-sur-Loire, capitale du chenin blanc et du patrimoine vigneron. Quelques chiffres : plus de 420 hectares d’appellation Montlouis, dont une grande partie cultivée en bio (Syndicat des Vins de Montlouis).
La variante “grand cru” s’offre à vous : Vouvray. Sortie de la Loire à Vélo pour une parenthèse de 8 km : montez sur le plateau, longez les rangées de vignes, explorez l’univers mystérieux des habitations troglodytes creusées dans le tuffeau. A Vouvray, chaque année plus de 6 millions de bouteilles partent à l’export, preuve de la vitalité gourmande du secteur (source : FranceAgriMer).
La piste cyclable épouse ici la rive, traversant des paysages de prairies humides. Sur cette portion, le spectacle se joue dans la végétation naturelle : silures de Loire (ces poissons géants peuvent dépasser 2 m !), hérons cendrés, sternes nichant sur les îlots. Petite pause culturelle au port de Lussault : des panneaux d’interprétation racontent l’histoire de la batellerie, ce temps où la Loire, alors principal axe commercial, grouillait de gabares.
L’apparition du château d’Amboise, découpé sur le ciel, est toujours un moment fort. Celui-ci domine la ville comme un vaisseau de pierre depuis plus de 500 ans : Charles VIII, François Ier, Léonard de Vinci (qui repose à deux pas, au Clos Lucé)… L’Histoire affleure à chaque coin de pavé.
A noter : il est conseillé de réserver à l’avance son billet retour sur les périodes de grosse affluence estivale.
Parcourir la Loire à Vélo, c’est bien plus qu’une simple aventure sportive. C’est glisser le long d’un fleuve capricieux, goûter aux plaisirs simples des haltes champêtres, et se réjouir de ne jamais savoir ce qui, au prochain tournant du chemin, retombera du passé dans le présent. Tour à tour, amateurs de patrimoine, familles en balade, gourmands et amoureux de grands espaces trouveront ici mille raisons de ralentir, de s’arrêter, d’explorer.
Ce qui rend cette portion si unique ? Elle est vivante, chaque saison, à chaque heure. Elle se renouvelle sans cesse : une lumière, une odeur de pierre chauffée, un pêcheur croisé sur une berge, un marché de village ou une musique inattendue à la guinguette. Si certains passages semblent connus, croyez bien que la Loire sait toujours réserver ses surprises.
Et si, demain, la Loire vous menait un peu plus loin encore ? Pourquoi ne pas pousser jusqu’à Chaumont et ses jardins, où se tient chaque été le fameux Festival international des jardins ? Ou bien musarder sur la rive droite, là où les grottes troglodytes abritent parfois des ateliers d’artisans ou des caves merveilleuses ? Car ici, plus qu’ailleurs, l’inattendu est toujours au détour du chemin.